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Pourquoi la tribune de Catherine Deneuve divise le monde féministe

Publié le 11 janvier 2018

C’est devenu une joute verbale et politique par tribunes interposées. Depuis mardi 9 janvier, on ne compte plus les tribunes pour ou contre la “liberté d’importuner”. Un débat qui prend des airs de guerre des féminismes.

Emballement médiatique

Mardi 9 janvier, une centaine de femmes signent une tribune dans Le Monde, intitulée “Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle”. Parmi elles, des personnalités comme l’actrice Catherine Deneuve, l’écrivain Catherine Millet et l’animatrice radio et ex star du porno, Brigitte Lahaie. Les Inrocks vous en parlaient ici : le texte défend que “le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.” À rebours d’une vague de témoignages sans précédent, postés sur les réseaux sociaux avec les mots clés #MeToo et #BalanceTonPorc, les signataires de la tribune qualifient de “puritanisme” et de “délation” cette “fièvre à envoyer les ‘porcs’ à l’abattoir”.

Le lendemain, la femme politique et féministe Caroline de Haas publie sur Franceinfo une tribune de réponse, cosignée par une trentaine de militantes féministe. Alarmée par les “stéréotypes” repris par la tribune des 100 (celle du Monde), elle tient à redire que “jamais une femme n’est responsable des violences qu’elle subit”.  Elle insiste sur “les violences” qui pèsent sur “les esprits, les corps, les plaisirs et les sexualités” des femmes, et se dit attristée par le fait que “des personnalités utilisent leur visibilité médiatique pour banaliser la violence”, au lieu par exemple de “dire aux hommes qu’il ne faut pas violer ni agresser”.

Une deuxième tribune parue aujourd’hui dans Mediapart et signée par plus de 200 féministes dont Amandine Gay, la réalisatrice d’Ouvrir la voix. Les signataires s’alarment de la “délégitimation de la lutte contre le harcèlement” et reprochent aux “tenantes d’une ‘liberté d’importuner’ qui se tiennent drapées dans le voile bien blanc de leur expérience toute personnelle” de ne pas s’intéresser aux “ rapports de pouvoir ainsi que les contextes politique, historique et économique qui les produisent”. Pour elles, la tribune du Monde ne sert qu’à “réaffirmer le pouvoir des dominants en sonnant un rappel à l’ordre conservateur”, sous couvert d’“appel à la vigilance“ et de “libération morale”.

Un passage qui cristallise les tensions

Dans la “tribune des 100” (celle du Monde), une phrase a particulièrement fait polémique :

“[Une femme] peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement.”

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a répondu hier sur BFMTV que “frotter son sexe à une femme dans les transports en commun sans son consentement [était] une agression sexuelle condamnée par la loi”. Elle a aussi déploré un discours “dangereux” et contre-productif, expliquant : “Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que (…) c’est une agression”

La corédactrice de la tribune du Monde, l’auteure et journaliste Peggy Sastre, contactée par Les Inrocks, revient sur ce point. “Il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus, notre définition des agressions sexuelles est celle du droit. Dans ce passage de la tribune, on ne se prononçait pas sur les actes, mais sur les réactions des femmes à ces actes. On ne veut pas imposer des réactions aux femmes qui sont traumatisées par ces agressions, ni leur dire de prendre leur mal en patience. Le but de cette tribune, c’était de faire entendre des points de vue qui étaient devenus minoritaires. On a eu l’impression que le climat actuel nous imposait une réaction obligatoire, sous peine d’être taxées de complices, de traîtresses. Alors on a voulu apporter une parole en plus, pas une parole contre.”

Une autre corédactrice de la tribune du Monde, l’écrivain Sarah Chiche,   reconnaît sur France Culture que la “prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes” est “nécessaire et légitime”. Mais elle réitère qu’elle considère certains gestes comme des “non-événements”, faisant “partie du jeu social” (“voler un baiser”, toucher un genou “au cours d’un déjeuner professionnel”). Pour Sarah Chiche, le mouvement #balancetonporc “n’aide pas du tout les femmes à s’autonomiser”, car ce qu’elle qualifie comme un “retour à l’ordre moral” aurait pour conséquence de faire des femmes “des victimes perpétuelles”, haïssant la sexualité et les hommes.

Des arguments “classiques” d’une “rhétorique antiféministe” pour Christine Bard, spécialiste de l’histoire du féminisme et de l’antiféminisme. Dans une interview au Monde, elle explique que “l’accusation de censure, d’atteinte à la liberté sexuelle, de haine des hommes” sont des concepts qui servent ici à défendre “la liberté d’importuner”, voire à “légitimer les comportements machistes et violents”. La chercheuse rappelle que le féminisme est un “processus révolutionnaire”, qui modifie nos représentations de la sexualité et nos comportements. D’où des débats importants au sein de la société : “c’est une évolution nécessairement heurtée, qui provoque des réactions passionnelles”.

Source Article from http://www.lesinrocks.com/2018/01/11/actualite/pourquoi-la-tribune-de-catherine-deneuve-divise-le-monde-feministe-111032136/
ource : Les Inrocks – a-la-une

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